Proposition de loi visant à consacrer le droit au rapprochement familial pour les détenus condamnés
Intervention du Député Jean Grenet
« (…) Monsieur le Président,
Monsieur le Ministre,
Monsieur le Rapporteur,
Mesdames, messieurs les Députés, Mes Chers collègues
M'exprimant dans le cadre de cette proposition de loi consacrant, désormais, au niveau législatif la
procédure dite « d'orientation » des détenus condamnés, actuellement simplement dans la partie
réglementaire du code de procédure pénale, et en y ajoutant l'objectif de maintien de liens
familiaux, qui doit conduire à ce que les détenus condamnés soient affectés dans l'établissement
le plus proche de leur domicile correspondant à leur profil.
Je m'associe donc, avec conviction, à cette proposition de loi.
En effet, ce maintien des liens familiaux des personnes détenues, constitue un enjeu majeur de la
bonne exécution des peines.
A ce sujet, permettez-moi d'évoquer la question du rapprochement des prisonniers basques,
aujourd'hui détenus dans des prisons disséminées sur le territoire français.
Cette question doit nous interpeller sur deux plans, aussi différents qu'essentiels, sans interférence
dans l'oeuvre de justice.
En premier lieu, sur le terrain des droits fondamentaux que la France reconnaît aux personnes
condamnées par les juridictions de notre pays, je veux ici rappeler que ces personnes qui se sont
parfois engagées dans l'impasse de la violence, et condamnées pour ces raisons, doivent pouvoir,
en tout état de cause, bénéficier d'un traitement pénitentiaire adapté, car c'est précisément ce droit
là qui fait l'honneur et la force de notre démocratie.Condamnés par les tribunaux et accomplissant leur peine, ces prisonniers n'en sont pas moins des
hommes et des femmes qui ont besoin de ne pas couper tous leurs liens familiaux. A ce titre, ils
doivent pouvoir bénéficier du droit de voir leur famille, leurs enfants, leurs amis sans que l'on se
croie obligé de rajouter à la peine pénale, la double peine de l'isolement, pour eux et pour leurs
proches. Que l'on songe aux kilomètres accomplis chaque semaine par ces familles pour un
simple moment de parloir, au coût humain et matériel, pour comprendre que la vraie justice et la
réinsertion sont à ce prix, sans faiblir pour autant sur l'application de la peine.
En second lieu, sur le plan politique, à l'instant où la disparition du terrorisme au Pays Basque
espagnol et le cessez-le-feu de l'ETA laissent entrevoir des perspectives durables de paix, il
convient, par ce geste d'apaisement, de faciliter la transition en cours.
Traiter humainement ces prisonniers, en leur donnant par ce geste l'occasion de comprendre que
la page se tourne, est une opportunité qu'il faut saisir et dont un Etat de droit pourrait s'honorer.
Pour en terminer, dans ce contexte d'apaisement et de volonté partagés d'en finir avec ce conflit
en Pays Basque, la justice dans notre pays s'honorerait également de mettre un terme définitif à
certaines procédures d'extradition qui n'ont plus lieu d'être.
Je pense notamment à la militante basque, Aurore Martin, qui n'a pas de sang sur les mains et
dont la tentative d'interpellation à Bayonne il y a quelques mois, avait tournée court, dans des
circonstances peu glorieuses....
Voilà les raisons qui me conduisent
à voter en faveur de cette proposition de loi et, en tant que parlementaire du Pays basque,
à l'appuyer avec d'autant plus d'engagement et de conviction, qu'elle peut constituer un
SIGNE FORT d'APAISEMENT, adressé à ceux qui souhaitent oeuvrer pour conforter la paix au
Pays Basque, et je ne doute pas que vous soyiez de ceux-la.
Je vous remercie de votre attention (…)
















